Jeudi 25 février 2010 à 16:54

    Je vais commencer ma série d'article Histoire de l'Art et Archéologie sur un des mes dossiers que j'ai du réaliser pour les cours au premier semestre. Avec pour débuter, un peu d'Histoire de l'Art "contemporain"(c'est quand même du XIXe siècle ça date mais bon ...). Avec une des oeuvres emblématiques de Jacques Louis DAVID, le chef de fil du mouvement néoclassique. J'ai eu une très bonne note à cet exposé donc si vous avez besoin un jour de piocher dedans pour une raison x ou y n'hésitez pas ... les sources que j'ai utilisé sont des valeurs sûres (voir la biblio tout en bas ) !

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Le Premier Consul franchissant les Alpes au col du Grand-Saint-Bernard - 1800.
Jacques-Louis DAVID (1748-1825)


COMMENTAIRE

INTRODUCTION :
    Le sujet de ce dossier porte sur une œuvre de Jacques-Louis David (1748-1825) :
Le Premier Consul franchissant les Alpes au col du Grand-Saint-Bernard, réalisée en 1800. Il s'agit d'une huile sur toile de deux mètres soixante de haut pour deux mètres vingt-et-un de large, conservée aujourd'hui au Musée national du château de Malmaison (n° inv. MM 7149). Elle fait partie d'un ensemble de cinq toiles, réalisées par l'artiste entre 1800 et 1803, reprenant toujours le même sujet, avec quelques faibles variations.


I - DESCRIPTION :

     1-Iconographique :

    L'exemplaire qui nous intéresse est la toile originale de la série. On y voit Bonaparte sur un cheval cabré et fougueux. Il se trouve dans un environnement extérieur, froid, celui des Alpes au col du Grand-Saint-Bernard.
    Au premier-plan, sur la gauche de la toile, nous pouvons voir, des rochers portant des inscriptions faisant référence à d'autres héros de l'histoire ayant déjà franchi ce col : Charlemagne (KAROLVS MAGNVS IMP) et Hannibal, surmontés par le nom de Bonaparte. Juste derrière ce premier rocher se tient Bonaparte, chevauchant son cheval sur un rocher légèrement pentu. Le cheval, couleur pie, est figuré dans une pose très mouvementée. Tout son corps inspire une grande énergie : les muscles relativement développés de l'animal sont contractés, sa queue et sa crinière sont emportés dans un mouvement violents vers l'avant de son corps, probablement portés par un vent fort et glacial. L'inquiétude et la fougue de l'animal se fait sentir jusque dans son regard.
    Sur ce cheval, Bonaparte montre une attitude totalement opposée avec un calme surprenant. Le mouvement du vent de la scène, déjà mentionné pour le cheval, est aussi figuré par le mouvement de son manteau mais son visage et son attitude sont quant à eux très sereins. Il semble ainsi en totale maîtrise de son cheval, retenant les rênes d'une main et levant l'autre vers le haut.
    Bonaparte est vêtu de la tenue des officiers généraux, définie en 1798. Le colonel Mac Carthy nous fait une description de cette tenue : habit « en drap bleu national, croisé, à deux rangs de boutons dorés, collet et parement écarlates, pattes planches aux parements, broderies de feuilles de chêne en fils d'or, avec les deux rangs sur le collet, les parements et les poches insignes des généraux de division. ». Ce vêtement est complété par une culotte de peau et d'un manteau jaune. Le tête de Bonparte est enfin couverte d'un bicorne.
    Au plan suivant, entre les membres du cheval, nous pouvons voir des fantassins se frayer un chemin à travers le col. Sur la droite on aperçoit un drapeau tricolore ; entre les membres du cheval, un canon, puis un défilé d'autres fantassins tenant fusils et baïonnettes.
    L'arrière plan est divisé en deux, suivant la courbure du dos du cheval : avec en bas et à gauche un paysage montagneux glacial et en partie haute, un ciel laiteux nuageux.

    2-Stylistique :
    La composition est scandée par de nombreuses obliques (allant du côté droit en bas au côté gauche en haut). Ces lignes de constructions sont d'autant plus appuyées par le sens du vent, qui crée le mouvement dans la crinière et la queue du cheval, ainsi que dans le drapé du manteau jaune de Bonaparte ; mais aussi par le geste même du Premier Consul.
    Cette composition est centrée sur la figure de Bonaparte. Les couleurs plus lumineuses qui le définissent esquissent l'importance du décor et des fantassins à l'arrière-plan, qui sont représentés dans des couleurs plus éteintes. En plus de cela, les courbes du corps du cheval rompent avec les lignes saillantes du dessin de la montagne. Cette effet met encore plus l'accent sur la figure centrale de Bonaparte et sur son cheval. La lumière, venant d'en haut à gauche, vient elle aussi mettre en valeur la figure de Bonaparte.
    On retrouve un peu la même énergie stylistique que dans le portrait équestre du comte
Stanislas Potocki que David réalisa en 1781.
    David applique ici les mêmes caractères antiquisants qu'à son habitude. La seule différence réside dans l'emploi de costumes contemporains et non des toges antiques. La beauté et la jeunesse de Bonaparte rappellent la beauté antique des athlètes grecs. La posture du cheval rappelle celui des
Sabines, qui est une de ses œuvres typiquement antiquisantes.

    3-Thématique :
    Cette toile représente un portrait de Bonaparte franchissant les Alpes au col du Grand-Saint-Bernard. Cette épisode permit à l'armée française d'arriver en Italie en coupant l'armée autrichienne de ses arrières. Cela se déroula du 15 au 20 mai 1800, un mois avant la bataille de Marengo. On sait cependant que Bonaparte avait franchi ce col à dos de mulet, et non sur le dos d'un cheval fougueux comme celui figuré dans la toile de David, car il était un piètre cavalier.
    En plaçant le nom de Bonaparte au dessus de ceux de Charlemagne et Hannibal, David élève le Premier Consul au rang de héros historique, et crée ainsi une filiation entre ces trois hommes. Il s'agit de trois hommes ayant réussi à franchir ce col. David a ainsi réussis à transformer ce simple portrait en image allégorique d'héroïsme.
    Par son geste, Bonaparte entraîne avec lui l'armée victorieuse par l'exploit qu'elle est en train d'accomplir mais aussi l'ensemble du peuple Français.


II - CONTEXTE :

    1-Contexte en amont :
        Commande :
    La première des cinq toiles, sujet de notre dossier, a été commandée par le roi d'Espagne Charles IV le 7 août 1800, par l'intermédiaire de l'ambassade de France en Espagne, Charles-Jean-Marie Alquier, qu'il destinait à installer dans le salon des « Grands Capitaines » dans son palais royal à Madrid. Ce geste symbolise l'entente entre son royaume et la France.
    Mais cette commande ne faisait pas indiquer une telle composition : « M. de Musquiz est chargé de demander à David un portrait en pied et de grandeur naturelle du général Bonaparte dans son costume de premier Consul ; il a ordre de donner à David tout ce qu'il demandera » Mais David choisit de plutôt faire un portrait équestre. L'ambassadeur d'Espagne proposa de faire choisir le thème par Napoléon lui-même, qui se porta sur le sujet de la toile que nous connaissons.

        Série de cinq toiles :
    Informé par cette première commande, Bonaparte en demande trois répliques à l'artiste afin d'asseoir son pouvoir. Ils ont été les premiers tableaux officiels de Napoléon. Pour ce qui est de la cinquième version de la toile, elle fut conservée par l'artiste jusqu'à sa mort et pose problème quant à son origine : est-elle une demande de Bonaparte ou une œuvre destinée d'emblée à David ?
    La première toile fut payé 24000 francs, puis les suivantes 20000 francs.
    Les cinq versions se différencient par de petites variations au niveau des couleurs. La toile de la commande de Charles IV figure un cheval pie et un manteau jaune ; la deuxième : un cheval brun et un manteau rouge ; la troisième et la quatrième : cheval blanc à jambes brunes, manteau rouge ; la dernier, comme la première : cheval pie et manteau jaune-oranger.

        Bain thématique :

    Bien que les biographes attribuent à Bonaparte lui-même l'idée de le représenter, non pas l'épée en main pendant la bataille mais « calme sur un cheval fougueux », elle correspond trop bien aux habitudes de David pour confirmer ce point de vue. L'artiste n'a jamais peint de bataille mais seulement une suspension du combat (Les Sabines) ou ses préparatifs (Le Serment des Horaces).

    Le rapprochement stylistique de cette toile avec les sculptures antiques équestres servent à glorifier le pouvoir de l'empereur. Quant à la posture même du cheval, David s'inspire de la
Statue de Pierre le Grand réalisée par Falconet, dont il reprend l'attitude calme sur un cheval cabré sur un rocher, qu'il avait dessiné d'après une gravure. Peut-être s'est-il aussi inspiré d'une toile de Poussin, la Destruction du temple de
Jérusalem, artiste dont David s'est reconnaît l'influence dans l'ensemble de sa peinture.

        Réalisation :

     David n'a pas eu connaissance des paysages qu'il a retranscrit sur sa toile et n'a pas pu non plus faire poser le Premier Consul car il considère qu'
« Alexandre n'a certainement jamais posé devant Apelle. Personne ne s'informe si les portraits des grands hommes sont ressemblants. Il suffit que leur génie y vive ». A partir de là, il précise sa commande en demandant d'« être peint calme sur un cheval fougueux ».
    David s'est fait apporté par Constant, valet de chambre du Premier Consul, la tenue que Bonaparte portait à Marengo avec l'épée, les bottes et le chapeau. Puis il les installa sur un mannequin. Cependant, le manteau que David a mis sur les épaules de Bonaparte ne devait pas être ce qu'il portait au dessus de son habit d'officier pour passer les Alpes, mais peut-être une traditionnelle redingote. Deux des chevaux de Napoléon ont servi de modèles pour la toile. Quant au paysage, David s'est inspiré d'une gravure tirée de l'ouvrage
Voyage pittoresque de la Suisse.
    Le fait de ne pas connaître le paysage en lieu même, et de ne pas avoir fait un portrait du Premier Consul d'après nature, lui a facilité la tâche pour la réalisation de cette image allégorique. De plus, le fait d'avoir réussis à se procurer la tenue que Bonaparte tenait lors de l'événement, permet d'apporter plus de réalisme à la scène qui est très largement idéalisée et donc perdrait de sa crédibilité sans ces détails.
    « 
Ce tableau, nous dit Delécluze, occupa exclusivement David assez longtemps, car il en fit faire sous ses yeux plusieurs copies, qu'il retouche même souvent et avec grand soin. C'est une de ses productions auxquelles il attachait le plus d'importance. »
    Par ces copies, David renoue avec l'idée de la Renaissance selon laquelle « 
c'est l'idée qui compte en peinture plus que sa réalisation, l'invention, la composition plus que la main. » David hésitera donc pas à signer des répétitions dont nous savons par les sources qu'elles ont été en grande partie exécutées par ses élèves.

   
2-Contexte en aval :
        Mouvements de l'œuvre et Expositions :

    En septembre 1801, David expose les deux premières versions de ce tableau dans la même salle que Les Sabines. La toile est restée au palais royal jusqu'en 1812 lorsque Joseph Bonaparte fuit l'Espagne pour les Etats-Unis. Il l'accrocha dans sa résidence de Pont Breeze. Le tableau fut ensuite légué à sa fille Zénaide Bonaparte, princesse de Canino, accroché dans la villa Bonaparte, dans la résidence des princes de Canino à Rome. Il a été ensuite conservé par sa descendance jusqu'en 1849, quand il est léguée par sa petite-fille Eugénie Bonaparte, princesse de la Moskowa, au musée national du château de Malmaison.

        Influences de l'œuvre dans l'histoire de l'art :

    On remarque dans de nombreuses œuvres postérieures d'importantes similitudes stylistiques avec les toiles de David. Géricault s'est inspiré de la posture du cheval de Bonaparte dans sa toile de l'
Officier de Chasseur à cheval de la garde. Delaroche propose une autre version de ce thème avec son Bonaparte franchissant les Alpes, mais de manière beaucoup plus réaliste (avec cette fois un Bonaparte à dos de mulet) en réaction au caractère trop héroïque de la toile de David.
    Même à l'époque contemporaine, cette toile a inspiré différents artistes, afin de dénoncer l'idéologie franquiste de la toile de 1800.
    Cette toile a rapidement atteint la postérité par un grand nombre de reproductions et copies sur différents supports.


CONLUSION :

    Ce mélange de réalisme, notamment grâce aux accessoires, et d'idéalisation transformant un général ordinaire ordinaire en une allégorie de l'héroïsme fait tout l'intérêt de cette œuvre. Par cette toile, David a su transformé Bonaparte traversant modestement les Alpes sur le dos d'un mulet, en un héros de guerre sur le dos d'un cheval fougueux, dans un style relativement proche de celui des statues équestres antiques.

    Il a poussé cet héroïsme en inscrivant le nom de Bonaparte dans la même lignée que ceux de Charlemagne et d'Hannibal, en les gravant dans les rochers au pieds du cheval.
    Enfin, par le signe que fait Bonaparte, David créer ainsi une sorte de promesse au peuple français d'un grand avenir au côté du Premier Consul.

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BIBLIOGRAPHIE
MANUELS :
¤ A. CHASTEL, L'art français : Le temps de l'éloquence (1775-1825), éd. Flammarion, Paris, 1996.

MONOGRAPHIES :
¤ S. MONNERET, David et le néoclassicisme, éd. Pierre Terrail, Paris, 1998.
¤ A. SCHNAPPER, David témoin de son temps, éd. Office du Livre, Fribourg, 1980.

CATALOGUES :
¤ A. SCHNAPPER (dir.), Jacques-Louis David 1748-1825, éd. De la Réunion des Musées Nationaux, Paris 1989.

SITES :

¤ fr.wikipédia.org

Publié par NayaeL

Mercredi 24 février 2010 à 21:12

Yes ! Semestre validé ! 
Prochaine étape, finir mon année et enfin rentrer dans le vif du sujet l'année prochaine :
Double licence ... Histoire de l'art ET Science de l'Education !
Attention les p'tits loups, "Sarahvotrefuturemaîtresse" approche un peu plus chaque jour de vous !
Commencez à tailler vos crayons et à remplir vos stylos plume de cartouche ... J'arrive !
 

Publié par NayaeL

Vendredi 19 février 2010 à 23:10

http://nayael.cowblog.fr/images/ScannedImage6.jpg
    Une petite photo de nous parce que c'est pas souvent, et parce qu'on l'aime bien. C'est une photo qu'on avait trafiqué au crayon de couleur pour écrire des mots derrière à noêl à tous les petits et grands enfants gâtés pour l'occasion. Une photo qui résume notre belle histoire malgré ses hauts et ses bas, on s'aime et même on s'aime vraiment très fort !

    Ca fait maintenant 2 ans, 8 mois, 19 jours et un peu plus de 2h mes yeux pétillent quand je parle de lui ; que mon p'tit coeur fait des quadruples sauts périlleux quand on est ensemble ;que des papillons tournoient dans mon bas ventre quand on se câline ;  et que je me demande toujours ce que je deviendrai si je me retrouvais un jour toute seule sans LUI.
JE T'AIME
<3

Publié par NayaeL

Vendredi 19 février 2010 à 14:19

    Bonjour, bonjour à tout le monde,
    Voici encore une nouvelle découverte avec un clip sympathique et sa parodie juste en dessous. Il s'agit d'une musique assez douce, et le clip est vraiment bien pensé... Je vous laisse regarder !



Et voici la parodie :

 
A bientôt !

Publié par NayaeL

Samedi 13 février 2010 à 18:41

http://nayael.cowblog.fr/images/7.jpg

    Bonjour à tous les modèles de Dijon ou des environs ! Cet article s'adresse à vous... Je suis photographe amateur et ai de nombreux projets sérieux en tête qui n'attendent qu'un modèle motivé pour être réalisés ! J'ai déposé une annonce sur le site d'annonce [Vivastreet]. Vous pourrez une voir une partie de ces projets mais vous pouvez aussi aller sur [mon site internet] où vous y découvrirez plus de photos et la totalité des projets qui me tiennent à coeur.

http://nayael.cowblog.fr/images/001.jpg

    N'hésitez pas à me contacter via le site d'annonce, mon site ou tout simplement ici si vous êtes intéressez ...
A bientôt !

Publié par NayaeL

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